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Football

A quand une DNCG européenne ?

En partenariat avec le site PlanetePSG.com

, par Julien Gardinal

Le 18 septembre, la Ligue des Champions, la plus prestigieuse épreuve européenne de football, a effectué son retour. Une fois encore, l’on s’attend à un tournoi serré cette saison. Mais, une fois encore, les clubs français - au nombre de deux cette saison, Toulouse ayant été éliminé au troisième tour préliminaire - ne font pas partie des favoris, loin de là. Pourquoi les clubs français sont-ils moins compétitifs que leurs homologues anglais, allemands ou italiens ? L’absence d’une DNCG européenne pourrait être une explication.

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Le modèle français

En 1990, le football français s’est doté, à l’initiative de Noël Le Graët (à l’époque président de la Ligue Nationale de Football, ex-LFP), d’un organisme de contrôle financier. La Direction Nationale de Contrôle de Gestion (DNCG) a ainsi vu le jour, l’objectif étant d’obliger les clubs de l’Hexagone à être rigoureux financièrement, et ce alors même que l’arrêt Bosman (décembre 1995), véritable déclencheur de la « mondialisation » du football, n’existait pas encore.

Chaque année, la DNCG épluche les comptes des clubs professionnels français et peut, le cas échéant, prononcer des sanctions (recrutement limité ou interdit, masse salariale encadrée, voire interdiction d’accession ou rétrogradation sportive).

A l’heure actuelle, les clubs français ont donc en majorité des comptes équilibrés ou peu déficitaires. En pleine santé financière, ils sont pourtant de plus en plus critiqués. Le championnat de France, dépourvu de stars, semble être de plus en plus faible. Mais les règles ne sont pas les mêmes partout…

L’endettement des grandes équipes européennes

Les grands clubs européens, au pouvoir d’achat énorme, se permettent en effet bien des choses. Ils ne se gênent pas pour acheter à coups de millions alors qu’ils sont dans le rouge. Les exemples récents de clubs endettés ne manquent pas :
- Chelsea a perdu 200 M€ en 2005, 120 M€ en 2006 ;
- la dette d’Arsenal s’élevait à 388 M€ en 2006 ;
- le président du Real Madrid, Ramón Calderón, déclarait récemment avoir « hérité » de 270 M€ de dettes, lors de sa prise de fonction, en 2006 ;
- le football italien est en crise.

Pourtant, les grands joueurs s’envolent toujours vers les mêmes destinations. En effet, aucun organisme, à l’étranger, n’oblige les clubs à équilibrer leurs comptes. S’endetter en achetant de grands joueurs est donc une pratique commune.

En France, la rigueur imposée limite les ambitions des clubs

Dans l’Hexagone, impossible d’imaginer cela. Certes, plusieurs clubs perdent toujours de l’argent, mais les chiffres ne sont pas comparables : le Paris Saint-Germain, plus mauvais élève de la classe depuis plusieurs saisons, a « seulement » perdu entre 15 et 20 M€ lors de la saison 2006-2007, ce déficit ayant été entièrement couvert par les actionnaires. Cette saison, l’objectif des dirigeants du club de la capitale est de revenir à l’équilibre, chose qui n’est pas arrivée depuis très longtemps.

Du coup, le PSG s’est montré discret sur le marché des transferts, cherchant avant tout à réduire sa masse salariale et à dégraisser son effectif avant de recruter. Pas question donc de faire la moindre folie. Les dirigeants parisiens ont également mis en place une nouvelle politique salariale, à savoir un salaire fixe relativement faible mais des primes élevées en cas de bons résultats. Un choix qui, quoi qu’en dise le président du PSG Alain Cayzac, rend forcément le club de la capitale un peu moins attractif.

A l’instar du club de la capitale, les autres équipes françaises - à la politique salariale habituelle, eux - attirent de moins en moins et doivent se montrer malins sur le marché des transferts. Difficile donc pour eux de rivaliser avec leurs voisins européens.

La DNCG europénne, une nécessité

Il apparaît évident que la création d’une DNCG européenne, si elle ne résoudrait pas tous les problèmes des clubs français (la fiscalité, le manque d’investissements et les stades sont d’autres paramètres qui entrent en ligne de compte), instaurerait une certaine équité économique, et donc sportive. La concurrence déloyale des clubs européens pénalise fortement les clubs français, soumis à une rigueur unique sur le Vieux Continent. L’UEFA (Union Européenne de Football Association) a bien instauré une licence en 2004. En théorie, celle-ci permet de refuser l’accès aux Coupes d’Europe. En pratique, elle est quasiment inutile…

Si elle voyait le jour, la DNCG européenne pourrait agir de plusieurs façons. En refusant réellement l’accès aux compétitions européennes pour les clubs qui ne rempliraient pas les conditions voulues par cet organe de contrôle, par exemple… mais l’UEFA verrait certainement d’un mauvais œil l’absence de grands clubs en Ligue des Champions. Ou encore en instaurant des mesures telles que le plafonnement des salaires (sur le modèle du salary cap américain). Mais la mise en place de celui-ci est jugée « utopique » par l’économiste Frédéric Bolotny, pour qui l’instauration d’une telle mesure serait « difficilement compatible avec le droit européen. » Alors, comment faire ?

Le rôle évident de l’Europe politique

Puisque l’UEFA semble incapable de remédier à ce problème, la solution vient peut-être de l’Union Européenne. Si le football n’est certainement pas le problème numéro 1 des dirigeants européens, ceux-ci auraient pourtant tout intérêt à se pencher sur ce sport, qui prend toujours plus d’ampleur dans le monde si l’on se réfère aux sommes mises sur le tapis, au marketing ou encore à l’influence qu’il a sur l’économie, par exemple lors des grandes compétitions internationales.

L’Europe semble donc détenir la solution, et c’est peut-être à elle de prendre les devants et de forcer l’UEFA à créer un organisme européen ce régulation financière, ou mieux, de mettre elle-même en place une telle institution, facilitant ainsi les choses à une UEFA plutôt passive sur le sujet.

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Illustration :
- logo de la DNCG
- logo de PlanetePSG.com, site tenu bénévolement par des supporters du PSG, qui est devenu en quelques années « la référence alternative sur le Paris SG ».

Sur le sujet d’une DNCG européenne :
- « Pourquoi une DNCG européenne » sur SportVox.
- « Pour un meilleur contrôle financier au niveau européen » sur le Taurillon.
- « La Dncg Européenne, solution pour les clubs français pour reconquérir l’Europe ? » sur les forums de la radio RMC.

Vos commentaires

  • Le 27 septembre 2007 à 19:15, par david En réponse à : A quand une DNCG européenne ?

    le seul problème de cette thèse, c’est que je vois pas bien la finalité de cette proposition... les autres fédérations européennes de football n’ont pas l’air de souffrir de cette situation, bien au contraire. Si des gens veulent investir bêtement leur argent dans un sport/spectacle, c’est pas vraiment un problème, si ? en fait, toute cette thèse part, il me semble, d’un a priori, qui ne me parait pas vraiment évident : le sport est vertueux et il faut donc le protéger « contre » la marchandisation. Honnêtement, et pourtant je suis assez spectateur de football, ça me parait être un peu à côté de la réalité. Le foot c’est du pur spectacle, ça rapporte beaucoup d’argent, et tant mieux. Tout le reste ce sont des foutaises. Le meilleur exemple est sans doute le cas Zidane. Avant et pendant la coupe du monde, on nous a servi le couplet Zidane, héros de la nation, Zidane exemple pour les jeunes... Un éditorialiste idiot dont je tais le nom a même eu la bêtise de qualifier le dribble de Zidane face au Brésil d’exemple de haute moralité pour la France... Et puis, patatra, on s’est aperçu qu’en fait, Zidane c’est un gamin qui fout des coups de boule à ses adversaires quand on l’insulte, l’archétype de la « racaille » stigmatisée par NAP (Nôtre Adoré Prez’). Alors, plutôt que de perdre son temps à moraliser une activité qui ne l’est pas par essence (le sport c’est la loi du plus fort, la compétition, ect...) il faudrait peut être que la France, à l’instar de ces homologues européens, comprenne tout l’intérêt économique qu’il peut y avoir à ne pas réguler excessivement une activité qui n’est que purement économique. Amicalement, David

  • Le 27 septembre 2007 à 20:00, par Fabien Cazenave En réponse à : A quand une DNCG européenne ?

    Le fait que l’argent existe dans le football est un fait, mais il est nécessaire que ces sommes ne soient pas utilisées n’importe comment. Si le Real Madrid a les meilleurs joueurs d’Europe parce que les recruteurs sont bons et que l’entraineur connaît bien son travail où est le problème alors ? Le problème est qu’en asphyxiant les autres par un comportement économique abbérant mais couvert par le Roi, on n’est plus en phase avec le principe du football et du sport en général.

    Cette thèse au contraire me semble des plus justes (j’ai même écrit un article sur le Taurillon dessus, lol) : le fait qu’une équipe soit meilleure est une chose, mais le ait qu’il n’y ait pas les mêmes règles pour tout le monde est un problème.

    Je suis sûr qu’avec une DNCG européenne, nos footballeurs du haut du panier (ceux qui touchent 600 fois plus que nos joueurs de L2) toucheront toujours autant de salaires, car comme tu le dis bien, car il y a toujours « des gens [qui] veulent investir bêtement leur argent dans un sport/spectacle ».

    Ce n’est donc pas protéger le sport contre la marchandisation en l’occurence.

  • Le 28 septembre 2007 à 18:38, par Ronan En réponse à : A quand une DNCG européenne ?

    Cher David, il serait bon - sur ce sujet - de ne pas faire comme si les problèmes n’existaient pas.

    A savoir que certains clubs - italiens, espagnols, britanniques - jouent actuellement sur certains vides juridiques pour réaliser des opérations très largement haut dessus de leurs moyens (achat et revente de joueurs, signatures de contrats, etc.) et équilibrent ainsi leurs comptes au terme d’opérations financières la plupart du temps à la limite de l’escroquerie (i. e : caisses noires, déficits annuellement effacés par financements privés douteux, facilités fiscales, etc.).

    Dans le cadre de compétitions sportives disputées ’’à la loyale’’, il serait effectivement bon que tous jouent avec exactement les mêmes règles.

    Ce qui nous changerait de l’actuelle situation : laquelle permet à l’extrême rigidité (à la française) de cotoyer l’extrême laxisme, l’absence totale de contrôle juridiques et financier (voire les implications mafieuses...) existant chez certains de nos voisins.

    Sinon, le jour où (en conformité avec certaines rumeurs...) on découvrira que certains clubs britanniques, italiens ou espagnols font effectivement dans le blanchiment d’argent sâle (russe ou colombien ; ou en provenance de la Camorra napolitaine ou de la Libye kadhafiste...), ça fera très mal...

    PS : Une harmonisation des critères de lutte contre le dopage (et une intensification de celle-ci) serait également des plus bienvenues...

  • Le 29 septembre 2007 à 12:24, par David En réponse à : A quand une DNCG européenne ?

    Ronan, c’est comme dire : les politiciens sont tous pourris. la réalité, je le crains est fort différente. les clubs italiens, anglais ou espagnols que tu cites appartiennent pour la plupart à des groupes industriels qui ont pignon sur rue et qui n’ont rien d’une organisation mafieuse. Après on peut aussi tomber dans le travers qui consiste à dire : ils ont beaucoup de moyens donc ils sont nécessairement pourris. Les contrôles qui peuvent être effectués sur les clubs sont les mêmes que sur les entreprises internationales. Il n’y a pas de raison qu’un monde soit plus pourri qu’un autre. En réalité, toute ces remarques partent d’un phantasme qu’il serait bon de faire disparaitre : le sport comme activité morale. Toi même tu fais référence à la loyauté des compétitions sportives. Franchement, ça ne rime à rien. Ou alors il faudrait diviser les gros pays en petits morceaux, histoire que la slovénie ait autant de chance de gagner des médailles aux JO que la Chine ou les USA, parce que le différentiel de population joue naturellement en défaveur des pays les plus petits. Le sport ce n’est pas ça : c’est l’inégalité, la force brute, la compétition, la violence, etc, etc... Bref, le sport, c’est juste un spectacle, de type martial, ce n’est pas un véhicule efficace pour des valeurs morales ou éthiques. A partir de là, il est normal que les clubs sportifs se plient aux règles économiques classiques, ni plus ni moins. On peut regretter à ce titre que la lutte pour la transparence et contre la corruption au niveau mondial ne soit pas assez efficace, mais ça vaut pour le producteur de chaussettes comme pour le club de foot. A propos du dopage, même discours. Tout se résume à un : le sport doit être propre, c’est une activité exemplaire, patati patata. Pour ma part, si les sportifs veulent utiliser des produits pour se doper, c’est leur problème personnel. Tout comme si je veux me bourrer la gueule tout les soirs, c’est mon problème. Il faut arrêter de vouloir mettre des règles partout, toujours, afin de préserver des chimères. Que le foot français s’adapte à la réalité internationale et vous verrez que toutes ces jérémiades de curés footballeurs cesseront avec les premières victoires d’équipes françaises en coupe d’europe...

  • Le 30 septembre 2007 à 12:23, par Ronan En réponse à : A quand une DNCG européenne ?

    Pardon encore, mais je ne suis pas du tout d’accord avec toi (et ce qui est dit précédemment).

    Faire du sport une activité bestiale par essence, car physique (et lucrative par intérêt, car spectacle) me paraît très réducteur de ce qui est également une question d’éducation (pour ce qui est du respect des règles) et de santé publique (quant à l’épineuse question du dopage).

    D’abord, pour ce qui est des ’’règles’’, disons précisément que ce qui sépare la Civilisation de la Barbarie, c’est précisément qu’on ait introduit - dans la vie en société, en général (et dans les activités de compétition physique, en tout particulier) - le respect des règles (et la réglementation stricte, en toute occasion, de l’usage la violence physique).

    C’est ce respect des règles qui fait - entre autres choses - qu’on joue au rugby à la main (et non au pied), qu’au foot on ne part pas dans les buts avec la balle à la main et (autre exemple) qu’un joueur de tennis ne roue pas de coups et de ’’bourre-pifs’’ son adversaire du jour à chaque changement de côté... Ainsi, l’affrontement reste pacifique car régulé. Ainsi, la compétition se fait à la loyale et - normalement - c’est le talent supérieur et l’intelligence de jeu de l’un qui lui permet de l’emporter sur l’autre, et pas sa seule force physique.

    Et c’est précisément ce qui permet à la compétition d’avoir de l’intérêt. Ainsi que l’émergence des nouveaux talents, de nouvelles équipes et de belles ’’surprises’’ sinon - éternelle histoire de David contre Goliath - la toujours très agréable victoire des ’’petits’’ sur les ’’gros’’. Et c’est précisément ce qui permet à la petite Slovénie de battre régulièrement la Chine dans des sports où - à onze contre onze ou quinze contre quinze - la puissance (ou le caractère relatif) du ’’réservoir démographique’’ devient un caractère secondaire, eut égard aux traditions sportives ou aux talents respectifs rassemblé(e)s dans les deux équipes.

    Quant à dire que la réalité internationale est môche et que, ma foi - ma bonne dâme - c’est comme ça et on n’y peut rien, ce serait là un peu comme dire ’’on ne peut décidément pas construire d’union fédérale ni en Europe (ni, à fortiori dans le monde) car les nationalismes sont là, ce sont des forces populaires invincibles. Et c’est comme ça et - ma bonne dâme - on n’y peut rien. Donc circulez, admettez le réel puisque le monde n’est décidément pas réformable et puisqu’il n’y a finalement absolument rien d’autre à voir’’. Inutile de dire que tant de défaitisme par avance navre et attriste.

    Par ailleurs, juste souligner - au passage - que l’implication de l’Etat libyen dans le capital de la Juventus de Turin n’est pas un fantasme, c’est une chose journalistiquement avérée. De même que les largesses financières invraisemblables dont - chaque année - bénéficie le Réal de Madrid de la part de la Maison royale d’Espagne (qui efface tous les ans les ardoises contractées, en achetant tous les meilleurs joueurs sur le ’’marché’’ à coup de contrats somptuaires, par un club éternellement au bord de la banqueroute mais qui vit sur crédits universels...). Des avantages financiers qui faussent la compétition car, si elles sont effectivement ’’autorisées’’ à ces équipes, elles sont par contre strictement interdites aux autres.

    Exiger des clubs qu’ils aient une gestion financière saine à l’exclusion de tous ’’tripotages’’ financiers de ce type, permettrait de limiter les risques de voir le sport devenir l’otage de personnages contestables (et autres mafieux de tous poils). Cela ne se ferait pas seulement au profit incertain (?) de la seule équipe de France (cela n’était d’ailleurs pas mon propos...) ou de quelque équipe française dévaluée par sa seule absence de talent (puisqu’il y en a, effectivement...) ; cela permettrait également et surtout de préserver les chances strictement sportives - justement, puisqu’on ne parle... - de la ’’petite’’ Slovénie face à la Chine, ainsi que celles de Maribor face au Réal (ou face à quelque autre ’’invincible armada’’ présumée...).

    Car sans règle il n’y a pas de civilisation. Et sans équité, il n’y a plus de ’’glorieuse incertitude’’ du sport (et finalement, donc, guère plus d’intérêt à cette chose, d’ailleurs...).

    PS : Quant au dopage : non, il n’est pas normal qu’un salarié qui prétend essayer de vivre de sa passion et/ou de ses talents soit contraint par ses employeurs (ou par l’air du temps...) de sacrifier sa santé sur l’autel précaire d’une réussite toute incertaine. De même qu’il n’est pas normal que le sport soit l’occasion du développement de trafics illicites et de comportements mafieux où certains personnages peu recommandables se font énormément d’argent facile sur le dos de la santé d’autrui (et dans le dos de la moralité publique).

  • Le 1er octobre 2007 à 00:46, par Alfredo Pamine En réponse à : L’UE : une grande France du Foot ?

    Personnellement, j’ai beaucoup de mal à comprendre cette obsession quasi psychotique éprouvée par le comité de rédaction du Taurillon en faveur d’une hyper-réglementation « à la française » du football professionnel.

    J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le sujet en réponse (ici et ) à un article publié il y presque un an dans le Taurillon.

    Quelle la nouveauté de vouloir construire l’Europe du football professionnel au regard de l’étape fonctionnaliste de la construction communautaire que représente la Communauté économique européenne. Pas grand chose ? On traite encore de l’économique.

    Même si on devait admettre la justesse de la cause défendue par l’idée de créer un organisme de contrôle des comptes, existe-t-il une raison de protéger en priorité les clubs de football qui s’astreignent à un équilibre de leurs comptes et non des entreprises gérées de manière toute aussi saine mais qui opèrent dans d’autres secteurs économiques ? Existe-t-il une justification à ce traitement de faveur accordé à cette activité qui est celle des clubs de football professionnels ?

    D’ailleurs, pendant que j’y pense, quitte à s’intéresser à un outil de régulation (mais non discriminatoire celui-ci), les personnes disposant d’informations suffisantes se sont-elles penchées sur la question de la compatibilité de certaines largesses accordées par les États avec la discipline communautaire des aides d’État ?

    Vous faîtes fausse route à vouloir réglementer à l’excès le football professionnel qui comme le suggère la conclusion de article n’est pas forcément enclin à s’autoréguler alors qu’il dispose d’un outil à cette fin : l’UEFA. L’UEFA est une fédération européenne de fédérations nationales composées des clubs. Les statuts de l’UEFA prévoient la possibilité de prendre des mesures disciplinaires en présence d’une infraction aux règles qu’ils énoncent. Pourquoi vouloir à tout prix réglementer l’activité et la gestion des clubs professionnels contre leur gré ? Le football professionnel n’a pas vocation à l’exemplarité mais logiquement à la rentabilité. La contestation chronique des décisions arbitrales, l’omniprésence des questions financières, voire même l’identitarisme exacerbé des supporters ressortent de cette logique

    S’il est une branche footballistique qui peut mériter l’attention des pouvoir publics c’est le football amateur. C’est uniquement à ce niveau que le football peut éventuellement être considéré comme un sport et non un spectacle. Mais à l’échelle des amateurs ce sont essentiellement les collectivités locales qui apparaissent comme le niveau pertinent de décision et de promotion.

    Vous faîtes erreur en voulant imposer au football professionnel des valeurs communément attribuées au sport que seul le football amateur est éventuellement susceptible d’incarner.

    Alfredo Pamine

    PS : Mon message aurait très bien pu être rédigé en réponse à l’appel publié le 26 septembre 2007 et intitulé « sauvons le foot ». J’aurais alors intitulé ma réponse « Sauvons Sauvons l’Europe !! »

  • Le 1er octobre 2007 à 07:41, par Fabien Cazenave En réponse à : A quand une DNCG européenne ?

    Cher Alfredo,

    Il est intéressant que cette « obsession quasi psychotique éprouvée par le comité de rédaction du Taurillon en faveur d’une hyper-réglementation « à la française » du football professionnel » est partagée par d’autres personnes qui n’ont rien à voir avec notre rédaction :

    - Sauvons l’Europe
    - des membres de PlanetePSG.com
    - Michel Platini
    - Frédéric Tiriez
    - le président de la ligue néerlandaise
    - plusieurs fédérations d’Europe du Nord
    - ...

    Cependant, la question de savoir quel niveau doit intervenir n’est pas tranchée. Si l’UEFA ne le fait pas (pour des raisons internes de mamouthage excessif), qui peut le faire ?

    Une institution communautaire n’est pas une mauvaise solution si elle travaille de concert avec l’UEFA.

    Enfin pour le football amateur, ce n’est pas avec une instance de contrôle qu’on aidera le football amateur : il a besoin qu’on l’aide à un autre niveau, la protection juridique notamment au niveau de la propriété intellectuelle. Mais comme j’ai fais un mémoire de 135 pages, je ne vais pas tout dire ici. N’hésitez pas à me contacter en MP.

  • Le 1er octobre 2007 à 09:23, par Ronan En réponse à : L’UE : une grande France du Foot ?

    Que le football ne soit pas tout dans la vie, soit. Qu’il ne soit pas le seul sport collectif en vogue, c’est, une évidence (juste l’un des plus populaires). Que l’économique ne soit pas le seul ressort de la construction européenne, c’est heureux (et plus que souhaitable).

    Mais prétendre que ’’Le football professionnel n’a pas vocation à l’exemplarité’’ est un discours qu’on entend trop souvent chez des gens qui ont bien souvent peine à dire que, dans le fond - du sport en général, du football en tout particulier - ils s’en foutent (et que ce n’est pas là un sujet ni prioritaire, ni digne d’intérêt, fermez le ban).

    De même que séparer artificiellement le sport professionnel (qu’il faudrait donc - lâchement - laisser à ses ’’turpitudes’’ sous prétexte qu’il ne serait donc qu’une activité bassement mercantile ?!) du sport amateur (prétendu ’’havre de vertu’’ dans un monde de brutes pleines de pognon) est un total non-sens.

    D’abord parce que le football professionnel n’a décidément pas le monopole de certaines pratiques effectivement consternantes (violence, dopage, abus de pouvoirs, dessous de table...) dont on peut voir les ravages tous les week-ends sur les terrains du sport amateur (et ce, pas seulement par ’’mimétisme’’).

    Ensuite parce que - par l’intermédiaire des (con)fédérations régionales, nationales, continentales et internationales (FIFA) - le football amateur bénéficie d’aides financières ’’au développement’’ bel et bien sonnantes et trébuchantes émanant principalement - et pour cause - de la part de son ’’grand frère’’ professionnel (d’où la nécessité d’une certaine transparence financière, tout de même...).

    Moraliser l’un, c’est préserver l’autre (et réciproquement).

  • Le 1er octobre 2007 à 18:41, par david En réponse à : L’UE : une grande France du Foot ?

    Ronan,

    ayant le plaisir de connaitre personnellement Alfredo je peux te rassurer, il s’agit bien, tout comme moi, d’un vrai supporter de foot. Tu sais ceux qui vont au stade, qui emmerdent leur femme pour voir le match et qui se lèvent le samedi matin à 7h pour aller prendre des douches avec d’autres sales types après s’être défoulé sur un terrain de boue (moi je me limite au premier aspect (pas les douches, le spectacle), mais alfredo est lui un vrai footeux).

    Trouver qu’il s’agit là d’un sujet anecdotique n’est pas une lubie de type qui n’aime pas le foot.

    Trouver que la thèse ici défendue est discutable ne signifie pas non plus que l’on aime pas le foot.

    Cela signifie simplement qu’on considère qu’il y a plus d’éléments qui militent en faveur d’une certaine assimilation du foot professionnel aux monde du commerce, que de motifs pour considérer que le foot serait une sorte de « bien culturel à préserver ». perso, je trouve le foot italien, anglais ou espagnol plus sympa à regarder. justement parce qu’il est élevé à un rang de spectacle à part entière. Je ne vois pas en quoi cela est problématique, vraiment.

    D’autre part, ton argumentaire sur l’assimilation entre la question de la règlementation et le dopage ne tient pas vraiment. il s’agit de deux problèmes distincts qui peuvent être traités distinctement.

    Je pense que ce qui crée cet amalgame c’est le fait que le foot brasse beaucoup d’argent (donc, mafia, dopage, ect, ect...). C’est largement lié à leur capacité à faire vendre plein de produits. Il faudrait donc plutôt s’attaquer à cela (je trouve par exemple aberrant que ma redevance télé sert à alimenter ce sport qui en plus nous abreuve de pubs). Tant que les chaines publiques de télévision seront assez stupides pour verser des milliards pour obtenir des droits télé et que les présidents de la république compteront sur une victoire sportive pour préserver leurs popularité, effectivement, ça ne risque guère de changer (bizarrement, ces deux exemples sont inspirés de notre histoire hexagonale récente :-)). En somme, oui, c’est un faux problème.

    Amitiés, David

  • Le 1er octobre 2007 à 18:43, par david En réponse à : A quand une DNCG européenne ?

    les obsédés psychotiques ne sont pas uniquement au taurillon, effectivement :-)

  • Le 1er octobre 2007 à 20:22, par Ronan En réponse à : L’UE : une grande France du Foot ?

    L’invraisemblable dans la controverse du moment, c’est que l’on pourrait croire en lisant Alfredo (ou alors, c’est que je ne l’ai pas bien compris ou qu’il est bien maladroit...) c’est que le pire péché qui soit dans le monde du football actuel, ce n’est ni le dopage, ni les fréquentations malsaines, ni les trucages budgétaires, ni la violence de certains supporters - non, non, non - c’est (tenez-vous bien...) la volonté ’’psychotique’’ (sic) partagée par certains de vouloir essayer de réglementer tout ça.

    Tout ça ’’parce-que-le-football-professionnel-est-avant-toute-chose-une-activité-de-spectacle-qui-a-des-retombées-commerciales’’. Comme si ce seul fait devait - par avance - excuser, justifier, légitimer (encourager ?!) toutes ces turpitudes contre lesquelles - non, non, non, ma bonne dame - on ne peut (il ne faut ?!) rien faire.

    Comme si le seul label ’’activités commerciales’’ devait faire du foot professionnel (milieu qui serait ’’pourri’’ par essence même ?!) une ’’zone de non droit’’ ou les seuls mots Loi et équité n’auraient finalement absolument aucun sens. Incroyable.

  • Le 2 octobre 2007 à 12:32, par David Soldini En réponse à : L’UE : une grande France du Foot ?

    ben non, tout ce qu’on dit c’est qu’il faut choisir : soit on fait du foot spectacle à coup de millions (d’euros et de supporters...) et dans ce cas difficile de faire croire aux discours moralisateurs à la noix, soit on dit que le foot ne doit pas être dégradé à une pure activité marchande et dans ce cas il faut accepter que les stades se vident, que les clubs galèrent pour finir les fins de mois, que les fédé règnent sur tout ce beau monde, que les télés se désintéressent du truc, etc, etc... Notre thèse consiste à dire qu’il y a une place pour ces deux modèles, dans des sphères distinctes. Un foot spectacle/marché, un foot amateur/simple hobby. Mais dire que le premier doit se plier aux règles du second, c’est un un non sens fondé sur une vision romantique de ce que doit être le sport dans notre société (perso, si demain j’ai des enfants j’essaierai de les dissuader de faire du sport à l’école... je ne suis pas du tout convaincu que c’est un choix inhygiénique (au sens grec). mais on peut toujours se croire à Sparte.) Objectivement les Etats avec les plus grandes traditions footballistiques ont tous un foot très professionnels (italie, angleterre, brésil, argentine, etc, etc..) ça ne les empêche pas d’avoir des fédés dynamiques et actives... Amitiés, david

  • Le 2 octobre 2007 à 17:31, par Ronan En réponse à : L’UE : une grande France du Foot ?

    Imaginer qu’on puisse établir une barrière étanche (i. e ’’dans des sphères distinctes’’) entre sport de haut niveau professionnel et sport amateur : ça, c’est une authentique utopie, une vraie de vraie.

    Dans la mesure où - entre autres choses - le sport amateur vit précisément en grande partie des dividendes produites par le sport busisness... (mais de là à laisser celui-là faire absolument n’importe quoi, y’a tout de même de la marge... ; - )).

  • Le 3 octobre 2007 à 10:29, par David En réponse à : L’UE : une grande France du Foot ?

    « le sport amateur vit précisément en grande partie des dividendes produites par le sport busisness... »

     ? je te conseille d’aller discuter avec les dirigeants du club amateur le plus proche de chez toi, pour qu’il t’indique les sommes mirobolantes qu’il reçoit du foot business. Je pense même pas qu’il puisse acheter des crampons à ces joueurs...

    Il y a des centaines de clubs de foot qui vivent de façon totalement autonomes. Ils galèrent, mais ça fait partie du sport amateur.

    cela dit, ça n’a plus grand chose à voir avec le sujet.

    Hier soir, la McMafia a foutu une belle correction à nos valeureux (presque amateurs) lyonnais, animés par un esprit sportif sans faille et élevé aux grains (bio, sans ogm). Les Macmafieux d’en face avaient sans doute consommé des macproduits, puisque c’est bien connu, dans ces contrées obscures, le capitalisme sauvage règnent et les joueurs peuvent (et sont même obligés) de se gaver de macstéroides. Enfin, ce n’est pas pour autant que le valeureux, propres, beau, sportif, foot hexagonal va baisser les brase face à ces scottish tricheurs (oui n’hésitons pas à employé le mot !). On va leur coller une DNCG et on va voir ce qu’on va voir...

    David (perplexe...)

  • Le 3 octobre 2007 à 15:19, par Ronan En réponse à : L’UE : une grande France du Foot ?

    David,

    S’il y a des clubs qui trichent effectivement de façon éhontée (oui, employons le mot puisque c’est bien de cela qu’il s’agit...) ce ne sont sans doute pas les clubs écossais. En ais-je jamais parlé. Non. Ais-je particulièrement défendu le football hexagonal (et seulement celui-là), non plus. Alors pourquoi placer le débat sur des considérations nationales : parce que le football transalpin (par exemple) a des choses inavouables à se reprocher mais qu’il ne faut SURTOUT pas en parler ?!

    Suis très étonné de te voir prendre la défense - mordicus - d’un système qui a permis l’émergence médiatique de personnalités aussi douteuses qu’un Berlusconi en Italie ou un Bernard Tapie en France (avant l’adoption de certaines lois) : des personnalités ’’parasites’’ qui - par intérêt politicien et démagogie populiste -se sont servies du sport plus qu’elles n’ont jamais servi leur sport.

    Accepter une telle situation ainsi que de telles ’’dérives’’ - où les mots adéquats à employer sont corruption, tricherie, trucage budgétaires et double-comptabilité, blanchiement d’argent sâle, mensonge, abus de confiance et abus de bien sociaux et où les infractions visées relèvent effectivement de la justice, du droit pénal et des tribunaux - c’est scandaleux, immoral et honteux.

  • Le 3 octobre 2007 à 18:49, par david En réponse à : L’UE : une grande France du Foot ?

    mais non ronan. berlusconi n’est pas né avec le football. il est né grace à des hommes politiques verreux et grace à la télévision. c’est très différent. ensuite il a racheté un club de foot. sur le football transalpin, il me semble que l’année dernière il y a eu pas mal de sanctions touchant des clubs de foot italiens, décidé par la fédération italienne. S’ils avaient été autant au dessus des lois ou s’ils avaient voulu vraiment protéger un milieu pourri, comment expliquer ces condamnations ? Il ne faut pas tout mélanger. C’est comme le dopage en cyclisme. On vit dans un délire qui consiste à croire que la France et sa fédé lutte activmeent contre, alors que les autres l’encouragent ! C’est un peu caricatural. surout lorsqu’on apprend que les cas de dopages touchent des courreurs qui viennent de partout. Il n’y a pas de supériorité quelconque. Cela dit, moi je ne faisai que rebondir sur l’article qui nous explique doctement que si la France se prend des tôles au niveau européen c’est parce que les clubs français sont dans une position plus difficile... le cas lyonnais prouve bien que c’est absurde. Quand à l’OM de Tapie... ben au moins ils jouaient convenablement à l’époque. ils ont fait des conneries. ils ont été punis (sans doute de façon excessive... justement à cause de ce délire moraliste qui entourre le foot). Bref, je vois pas trop où est le problème. Enfin, je reçois, bien à propos une boutade, qui résume bien il me semble le véritable esprit « sportif » :

    "Paris Hilton serait sur le point de racheter l’OM...

    Elle aurait en effet déclarée, lors d’une récente conférence de presse,

    qu’elle serait toute excitée à l’idée d’entendre les 60 000 spectateurs du

    Vélodrome chanter :

    « Paris, Paris, on t’encule ! »

    La classe. Vive le foot. David

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