60 ans de déclaration Schuman, 60 ans pour rien ?

, par Nicolas Jean

60 ans de déclaration Schuman, 60 ans pour rien ?

Il ya 60 ans, Robert Schuman, Ministre français des Affaires Étrangères, largement inspiré par Jean Monnet, faisait un discours historique pour la construction européenne. Aujourd’hui, force est de constater que nos dirigeants ne portent plus aucun des espoirs suscités il y a 60 ans. Pire, ils ne semblent plus porter aucune ambition européenne.

Pour illustrer ce constat, nous ne pouvons passer sur les élections régionales qui ont révélé, si encore nous en doutions, du désintérêt et parfois de la méconnaissance des problématiques européennes par nos élus régionaux. Pourtant, les Régions doivent beaucoup à l’Europe et à ses politiques de cohésion, de développement ou encore d’aménagement.

Soyons justes, et reconnaissons qu’en Aquitaine, les candidats se sont prêtés au jeu du café européen organisés par les Jeunes Européens - Bordeaux. Nous avons ainsi reçu les listes d’Europe Ecologie, du PS et du MoDem, la liste UMP nous a invités à leur soirée Europe. Mais soyons honnêtes également, si les candidats étaient de bonne foi et semblaient convaincus, nous espérions plus.

Autre exemple récent, la crise grecque. Le plus bel exemple d’intégration en 60 ans est l’euro. Au début décrié parce que trop faible, dernièrement critiqué parce que trop fort, il est aujourd’hui remis en cause. Pourtant l’euro a été le garant de la stabilité de nos économies. Même si bien sûr il n’a pu empêcher la récession, il l’a, de l’avis de tous, contenue. Le problème de soutenabilité de la dette grecque réveille les nationalistes qui prônent le retour aux monnaies nationales. Au-delà de toute croyance ou de tout dogme, ce serait une hérésie.

Le problème de la dette grecque réveille les nationalistes

Le coût que cela représenterait, sans parler du signal envoyé à nos partenaires, devrait suffire à balayer d’un revers de main toutes ces hypothèses, tenant plus de la démagogie populiste que de la responsabilité politique dont nos chefs d’Etats ou de gouvernement devraient faire preuve. La réaction du Conseil européen est à bien des égards critiquable : « On ne veut pas du FMI… Ah finalement peut être que si ». Le fait que l’Europe ne puisse venir en aide à l’un de ses Etats en difficulté pose question sur notre capacité à assurer le principe de solidarité à la base de notre construction politique, tout comme le fait qu’un État ait pu « maquiller » ses comptes si longtemps à l’insu de tous. Plus inquiétants encore quant à l’unité européenne sont les récents propos entendus ici ou là sur la Grèce, notamment en Allemagne.

Il faut très vite nous ressaisir, il faut très vite que nous comprenions les uns et les autres qu’une Europe unie et soudée est notre chance dans l’environnement concurrentiel mondialisé d’aujourd’hui. Et en mémoire à Schuman mais aussi aux autres pères fondateurs et à leur courage politique de l’époque, exigeons de nos dirigeants une politique ambitieuse pour l’Europe et les citoyens que nous sommes.

Illustration : Portrait de Robert Schuman

Source : Service photo du Parlement européen

Vos commentaires

  • Le 23 avril 2010 à 06:28, par Martina Latina En réponse à : 60 ans de déclaration Schuman, 60 ans pour rien ?

    « 6O ans de déclaration Schuman pour »... bien vivre ensemble, faudrait-il écrire, dire, savoir et réaliser : ce n’est pas impossible, mais tout simplement et définitivement proposé aux Européens ; il suffit que les pouvoirs dits publics des Etats nations et nos médias, le TAURILLON en tête, encouragent et répandent l’état d’esprit de ce père fondateur, tissé d’humour, d’humanisme et d’humilité.

    L’abnégation de cet inventeur, assortie d’une affirmation constante et consolidée par la concertation, incarne à elle seule le paradoxe moteur de l’Europe ; car, comme nous le savons, celle qui, voilà trois millénaires, se nommait Couchant dans son Proche-Orient natal devint VASTE-VUE en se laissant adopter par la Grèce naissante ; il avait suffi pour déclencher cette métamorphose fédératrice qu’un TAURILLON, d’après le mythe ancré dans notre mémoire et rendu réel même par les vicissitudes de notre histoire, l’enlève en pleine conscience - et dans le vif désir - des médias que leur couple allait ainsi mettre en route : toute la communication, d’une part nautique et spatiale telle qu’elle s’inscrivait dans le peuple phénicien auquel appartenait EUROPE, d’autre part alphabétique telle qu’elle se dessinait dans le taureau pour tracer, précisément, aleph, puis alpha, et ainsi les premiers prémices de la démocratie dans le monde... C’est le b-a-ba : soyons donc des eurocitoyens responsables, et répondons d’abord de notre nom d’EUROPE pour construire ensemble toujours mieux la justice, la paix, bref le bien commun !

  • Le 11 mai 2010 à 17:00, par FX En réponse à : 60 ans de déclaration Schuman, 60 ans pour rien ?

    << Même si bien sûr [l’Euro] n’a pu empêcher la récession, il l’a, de l’avis de tous, contenue. >> J’ai eu une discussion sur ce thème avec un europhobe, et je n’ai pas pu lui citer de source, propos ou étude d’économiste démontrant ce fait. Quelqu’un pourrait-il m’en donner svp ?

    Merci bcp :-)

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