COP16 : Pour combattre le changement climatique à Cancun, la politique des petits pas ne suffit pas !

, par Hans Merket, Traduit par Vincent Carriou

COP16 : Pour combattre le changement climatique à Cancun, la politique des petits pas ne suffit pas !

Consulter les médias et déclarations officielles des gouvernements, à la veille de la 16ème réunion de la Conférence des Partis (COP) de la Convention des Nations Unies sur le Changement Climatique fut une expérience éprouvante. Si les attentes des délégués n’étaient pas très élevées l’an passé pour la COP 15 à Copenhague, celles-ci sont d’autant plus faibles concernant les résultats de Cancun.

Personne ne semble attendre de la conférence un vaste accord contraignant entre chacun des pays présents, et un tonnerre d’applaudissements résonne lorsque quelques « casse-cous » de la politique se targuent de prédire un quelconque progrès pour certains domaines spécifiques, comme la protection des forêts ou le transfert de technologies. Ces domaines sont bien évidemment de la plus haute importance, mais beaucoup plus sera nécessaire pour réellement commencer a s’attaquer au changement climatique.

L’Union Européenne elle-même, pourtant considérée comme le pionnier mondial sur le changement climatique, a revu ses ambitions à la baisse en vue de la Conférence de Cancun afin de promouvoir une approche plus mesurée. Connie Hedegaard, commissaire européenne à l’action pour le climat, déclara de manière franche dans un discours au Parlement le 24 novembre dernier, que « l’engagement juridique contraignant auquel l’UE était prête l’an passé, et pour lequel nous sommes encore prêts, ne sera pas malheureusement pas le résultat de Cancun [...] non pas à cause de nous mais parce que d’autres n’y sont pas préparés. »

Une telle position n’était-elle pas délicate à tenir pour l’UE, alors que les négociations n’avaient pas encore débuté ? Les dernières discussions pour un accord international contraignant sur un cadre post-Kyoto visant la réduction des gaz a effet de serre ne risquent pas seulement d’échouer à Cancun. Ils ont, pour l’UE, déjà échoué. De ce fait, l’UE se focalise sur plusieurs aspects spécifiques d’un possible accord global tels que «  le besoin d’ancrer un adoucissement des griefs, de mettre en place un système élaboré de Surveillance, Couverture et Vérification, et de promouvoir le marché du carbone  ».

Des progrès dans ces domaines seraient sont certes préférables à rien du tout. Mais par une telle annonce, faite à l’avance, l’UE ébranle sa position dans les négociations, manque une occasion unique de laisser sa marque dans la lutte contre le changement climatique, et altère sa crédibilité et légitimité en tant que champion du combat contre le changement climatique. Il semble même que l’UE veuille se prémunir des critiques post-Copenhague, selon lesquelles elle avait échoué à s’exprimer d’une seule et même voix, en réduisant ex ante les attentes populaires.

« Le soutien populaire va s’étioler si les leaders mondiaux échouent encore à maintenir le momentum et à prendre des engagements réels, efficaces et crédibles pour stopper le réchauffement climatique »

Cependant, ce n’est pas la seule crédibilité de l’UE qui est en jeu au Mexique. Le système international de discussion sur le climat dans son ensemble est en danger de devenir hors de propos aux yeux de la population mondiale. Le soutien populaire va s’étioler si les leaders mondiaux échouent encore à maintenir le momentum et à prendre des engagements réels, efficaces et crédibles pour stopper le réchauffement climatique.

Seul un accord à la fois solide, contraignant et applicable à l’échelle internationale, impliquant tous les pays et mettant en avant des buts et engagements clairs, gérés, surveillées et évalués par des institutions internationales solides et qui sont fonctionnelles sera capable d’apporter les changements politiques et d’état d’esprit nécessaires. Un tel accord ne devrait pas omettre de souligner l’énorme responsabilité des pays développés et doit prendre en considération la vulnérabilité et les besoins spécifiques des pays en voie de développement.

S’attaquant aux enjeux majeurs pour notre planète et ses citoyens, les discussions de Cancun ne peuvent pas se permettre d’échouer et une approche progressive pour lutter contre le changement climatique ne suffira simplement pas.

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