Edito

Semaine Bilan 2006 et Perspectives 2007 pour l’Europe

L’Europe à la croisée des chemins

, par La Rédaction du Taurillon

Semaine Bilan 2006 et Perspectives 2007 pour l'Europe

Après une année 2006 des plus terne au niveau européen, nous allons enfin aborder l’année 2007. En effet, les récentes présidences semestrielles (autrichienne et finlandaise) de l’Union européenne ont parfaitement démontré la non pertinence des méthodes inter-gouvernementales pour donner à l’Europe les institutions nécessaires à son bon fonctionnement et à son développement.

En effet, aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins : allons-nous rester dans l’indécision actuelle ou allons-nous avancer vers l’Europe fédérale ? Mais ne croyons pas, pour autant, que tout choix dans ce ’’carrefour du développement’’ de l’Union européenne est une décision simple, allant de soi.

Après les référendums négatifs néerlandais et français du printemps 2006, ceux qui ne voulaient pas d’une Europe intégrée se construisant selon des modalités supranationales ont profité de l’indécision politique inter-gouvernementale. C’est pourquoi l’Europe est aujourd’hui institutionnellement bloquée. Et n’a plus guère les moyens institutionnels pour avancer concrètement sur les grands sujets d’actualité.

Lundi : Union européenne et Russie

L’un de ces sujets clefs du moment est notamment la question énergétique, également étroitement liée à notre manière d’envisager nos relations avec la Russie. En effet, alors même que la Russie est redevenue une puissance qui compte dans le concert international, juste souligner que ce grand pays est aujourd’hui en relation directe avec l’UE : non seulement en termes d’approvisionnements énergétiques (gaziers, notamment) mais aussi en tant que grand voisin avec laquelle elle partage aujourd’hui près de 2500 km de frontières terrestres. Et cela même alors que la Russie renoue, depuis peu, avec ses anciennes ’’mauvaises habitudes’’ et autres ’’pratiques non démocratiques’’ d’élimination physique de ses opposants.

Mardi : extrêmisme en Europe

Mais, en seuls termes de sujets d’inquiétudes et d’indignation, il n’est pas non plus nécessaire d’aller regarder si loin. En effet, au sein même de l’Union européenne, il existe des forces politiques agissant aux extrêmes de l’échiquier politique. Ainsi - en France, un an à peine après le référendum de 2005 - le nationalisme de gauche est toujours présent : depuis la Fondation Copernic jusqu’à Jean-Pierre Chevènement. Par ailleurs, le nationalisme traditionnel de l’extrême-droite se doit de nous inquiéter également. Deux courants de pensée extrémistes qui trouvent aujourd’hui un écho dans des sociétés occidentales qui ont actuellement tendance à se replier sur elles-mêmes. Et ce, à un tel point qu’il a semblé important aux « Jeunes Européens France » de dénoncer l’accord de coalition gouvernemental ’’rouge-brun’’ conclu cette année en Slovaquie : en approuvant publiquement ce que l’on a pu appeler, depuis lors, la "jurisprudence Smer".

Mercredi : élargissement

Des sociétés européennes qui se referment aujourd’hui à ce qui leur paraît être extérieur. Voici la tendance que nous devrons inverser cette année. Et, pour commencer, en accueillant dignement nos partenaires roumains et bulgares qui vont nous rejoindre, en ce 1er janvier 2007, au sein de l’Union européenne. En effet, nous ne devons pas reproduire cette erreur de 2004 qui nous a coûté si cher en 2005 : ignorer le fait qu’il est parfaitement légitime que des habitants des anciens pays de l’Est aient les mêmes droits que nous en seuls termes de libre circulation dans l’espace communautaire partagé (alors même qu’ils nous rendent bien la pareille chez eux : en seuls termes d’accueil de nos entreprises...).

Jeudi : relance du processus constitutionnel

Autre question clef : le débat portant sur le processus constitutionnel. Des pistes ont certes été émises mais, aujourd’hui, l’UE est clairement à la recherche d’un nouveau souffle. En tout cas, quelle que soit la décision prise, il faudra redonner à l’Europe un souffle qui repose sur une légitimité qui ne soit plus seulement inter-gouvernementale. Car les petits arrangements entre amis ne marcheront plus guère à 27 pays. Et, pour débloquer une telle situation, l’une des solutions pourrait donc être la mise en place d’un référendum pan-européen. Cette année 2006 aura également vu la rebellion du Parlement européen à l’occasion du débat sur la Directive ’’Services’’. C’est pourquoi les « Jeunes Européens » continuent de réclamer la mise en place d’un agenda politique permettant la démocratisation des institutions européennes, notamment par le renforcement des pouvoirs du Parlement européen.

Vendredi/Samedi : Bilan des présidences de l’Union - Perspectives allemandes ?

Lorsque nous voyons le bilan des deux présidences semestrielles du Conseil de l’Union, en cette année 2006, nous ne pouvons qu’être renforcés dans notre analyse. Les présidences autrichienne et finlandaise n’ayant pas laissé entrevoir de bien grandes perspectives en seuls termes de développement politique. Et, là encore, tout semble reposer sur la présidence allemande du premier semestre 2007. A laquelle succédera, plus tard (en 2008) celle de la France. Or l’Europe est aujourd’hui trop dépendante d’hommes et de femmes politiques, qui ne dirigent leurs pays qu’en fonction des besoins du moment. Et ne s’intéressent à l’Europe que secondairement.

Dimanche : la Slovénie à l’heure de l’€uro

Nous terminerons notre semaine par la présentation d’un nouveau pays "€uro-phile" : la Slovénie. En effet, cet ancien pays de l’espace yougoslave accède aujourd’hui au club de la zone euro et montre la voie aux pays de l’ancien bloc de l’Est. Nous regretterons au passage l’application stricte des règles appliquées à la candidature de la Lituanie, ce qui a retardé l’entrée de ce pays dans la zone euro. La zone euro sera-t-elle le socle sur lequel se construira la future union politique que nous appelons de tous nos voeux ? En tous les cas, nous aurons sans doute besoin de réformer la Banque Centrale Européenne (BCE), aujourd’hui cible de nombreuses critiques.

Des critiques émises, notamment, par nos hommes et femmes politiques candidats aux élections présidentielles françaises de 2007. Echéances politiques et électorales à l’occasion desquelles le « Taurillon » prendra toutes ses responsabilités en analysant les programmes de ces candidats, continuant ainsi à jouer à plein son rôle d’euro-vigilance ! Tout en continuant de porter haut nos exigences politiques. Car, pour mieux pouvoir affronter les défis du futur, nous avons besoin d’une Europe fédérale !

Illustration :

Le visuel d’ouverture de cet article est une photographie prise à l’occasion de la dernière Assemblée générale des « Jeunes Européens France » (à Rouen, en novembre dernier).

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