La démocratie moldave en danger
Dans quelques semaines, les moldaves éliront les 101 députés de leur Parlement monocaméral, pour un mandat de quatre ans. Le scrutin se déroule au suffrage universel direct, selon un mode de scrutin proportionnel plurinominal à un seul tour, sur liste nationale. Ce système vise à refléter le plus fidèlement possible la diversité politique du pays, tout en favorisant la stabilité gouvernementale.
Actuellement, deux partis recueillent la plus grande part des intentions de vote : le parti présidentiel europhile Action et solidarité (PAS) et le parti russophile et eurosceptique des socialistes de la République de Moldavie (PSRM). Dès lors, il ressort du discours de Maia Sandu, que les élections législatives détermineront, si la Moldavie « reste une démocratie stable sur la voie de l’Union européenne ou si la Russie réussit à la déstabiliser et à l’éloigner de l’Europe. »
Depuis 2022, la Moldavie a souhaité rejoindre l’Union européenne. Partageant une frontière longue de 1200 kilomètres avec l’Ukraine, « aller vers l’Europe est pour la Moldavie une question de survie », d’après Maia Sandu. En parallèle, la menace russe pèse directement en Moldavie et ce, par plusieurs biais : désinformation massive, financement illicite de partis pro-russes, cyberattaques contre les institutions, campagnes de manipulation à grande échelle, etc. « La démocratie est devenue une cible », a averti la présidente moldave. Elle a dénoncé une tentative « d’ingérence silencieuse, continue, comme un virus », et rappelé que Moscou avait déjà tenté d’interférer dans les élections précédentes.
Plus d’un million d’euros auraient été interceptés lors de précédentes campagnes, selon elle. Des banques russes auraient même ouvert des milliers de comptes en Moldavie pour acheter des votes : « La Russie a dépensé jusqu’à 1 % de notre PIB pour influencer nos élections. » L’objectif, selon Maia Sandu serait de transformer la Moldavie en plateforme d’instabilité, « une base pour attaquer l’Union européenne ».
L’Union européenne comme horizon et comme bouclier
La présidente moldave a profité de son intervention pour réaffirmer la volonté de son pays de rejoindre l’Union européenne, saluant le soutien politique et financier apporté par celle-ci, qui a permis à la Moldavie de lancer des réformes de grande ampleur.
Après avoir évoqué les différentes vagues d’élargissement de l’Union européenne, la présidente Moldave rappelle qu’un Etat peut adhérer à l’Union sans que « la démocratie [y soit] pleine et entière ». Dans ce contexte, l’Union fait figure de moteur de démocratisation, jouant un rôle clé. Elle constitue en effet « une protection des démocraties fragiles, jusqu’à ce qu’elles se renforcent ». Elle agit comme un soutien extérieur pour stabiliser les institutions. Selon Maia Sandu, « la démocratie ne va pas de soi, elle exige des sacrifices, et le soutien d’amis », soulignant l’importance de l’accompagnement européen dans ce processus exigeant.
« Nous pensons et agissons déjà comme un membre de l’Union. Nous sommes prêts à passer à l’étape suivante des négociations », a-t-elle lancé. Selon elle, l’adhésion n’est pas seulement une aspiration géopolitique, mais une « course contre la montre » pour ancrer la démocratie moldave là où elle sera protégée.
De son côté, la présidente du Parlement européen a réaffirmé son soutien « vers un avenir européen » pour la Moldavie. En définitive, pour Roberta Metsola, « l’Europe est investie dans l’avenir démocratique de la Moldavie ».
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