Des relations bilatérales renouvelées et approfondies
Un accord a été mis en place entre le Chili et l’Union européenne dès 2003 afin de promouvoir leur relation bilatérale, notamment sur le plan commercial. Cet accord a été renouvelé il y a deux ans et se compose à présent de deux parties : la première concerne l’accord-cadre avancé (ACA) appliqué provisoirement depuis le 1er juin 2025 et la seconde sur l’accord commercial intérimaire. Ce deuxième volet est entré en vigueur en février 2025 mais ses effets prendront fin dès lors que l’ACA aura été pleinement ratifié par les États membres de l’UE et le Chili.
Une première réunion a eu lieu le 26 novembre, suivie du Conseil sur le commerce entre l’UE et le Chili, le lendemain, co-présidé par le ministre des Affaires étrangères chilien et le commissaire slovaque pour le Commerce et la sécurité économique, Maroš Sefčovič. Ces rencontres interviennent après le sommet CELAC-UE du 9 novembre en Colombie, avec la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC) dont le Chili fait partie, et suite à la COP 30 qui a eu lieu du 10 au 21 novembre au Brésil. Ce traité s’inscrit dans la continuité des relations déjà existantes entre la République du Chili et l’UE ayant pour objectif de favoriser leur dialogue politique et leur coopération.
Une coopération mutuellement bénéfique
Durant cette réunion du 26 novembre, présidée par la Haute représentante des Affaires étrangères et de la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, Kaja Kallas, ainsi que le ministre chilien des Affaires étrangères, Alberto van Klaveren, il a été l’occasion de réaffirmer la pertinence de cette ambitieuse collaboration. Sur le plan politique, les deux pays s’engagent à promouvoir leur relation bilatérale basée sur l’État de droit et les droits de l’Homme, notamment afin de lutter contre la criminalité transnationale organisée.
Comme il avait été annoncé en 2023, cet accord prévoit la suppression des droits de douane sur 99,9 % des exportations de l’UE permettant une plus grande ouverture commerciale entre les deux marchés. Le Chili étant le deuxième producteur mondial de lithium, c’est aussi l’occasion pour ces deux partenaires de s’allier sur leur politique de transition écologique tout en garantissant à l’État chilien que les entreprises bénéficient de conditions favorables aux échanges dans les secteurs de la télécommunication, du transport maritime et des services financiers mais aussi des investissements européens.
Entre le Chili et l’Union, c’est le multilatéralisme qui prime
Réaffirmée à Belém, à Santa Marta comme à Bruxelles, ces deux jours ont mis en lumière la position commune que partagent le pays sud-américain et l’Union européenne. Le Chili est géographiquement éloigné mais n’en reste pas moins concerné et préoccupé par l’instabilité géopolitique mondiale récente, désireux de préserver la paix et la sécurité internationale tout comme l’UE. Tous deux cherchent à promouvoir l’égalité des genres, protéger les droits des travailleurs et souhaitent avant tout la prévalence du droit international pour la résolution du conflit armé qui touche présentement Gaza depuis l’intensification du conflit entre Israël et la Palestine en octobre 2023 mais aussi dans le cadre de la guerre d’agression menée par la Russie en l’Ukraine depuis 2022. Pour parvenir à cet objectif, les deux acteurs s’appuient sur l’Organisation des Nations unies (ONU) qui se trouve au cœur de cette discussion soucieuse de réaffirmer sa pertinence et d’améliorer son efficacité grâce à l’initiative « ONU 80 » depuis le mois de mars. Cette réforme se concentre sur 3 champs d’action : une amélioration de l’efficacité interne, l’allègement de la bureaucratie et la délocalisation des fonctions les plus coûteuses.
Suite à l’adoption de l’accord début 2024, la remise en question de ce dernier est apparue instantanément et reste légitime à l’heure de ce premier bilan. Même s’il semble renforcer l’entente entre ses deux signataires, dans le débat public, nombreux y voient un frein pour la l’équilibre écologique chilien. Déjà en 2024, juste après son adoption, une déclaration signée par plusieurs dizaines d’organisations et de syndicats dénonçait cet accord jugé dangereux pour le Chili, le désavantageant sur le plan industriel. Avec la ratification de l’accord-cadre avancé, ce sont les matières premières chiliennes qui seraient fortement exploitées par l’UE causant une importante dégradation de la biodiversité chilienne liée à l’exploitation des ressources minières causant des dommages aux conditions de vie des peuples autochtones habitant ces zones et dépendants de ce type d’agriculture. Bien que l’accord prévoit une garantie quant à la transition écologique chilienne et européenne, cet aspect ne semble pas être abordé. Cependant, cela peut être le parti pris du Chili, choisissant de favoriser ses exportations au profit de son propre développement industriel.

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