Une visite royale dans un contexte d’instabilités régionales
Alors que l’escalade de la violence au Moyen-Orient ne peut être ignorée, Roberta Metsola a insisté sur le rôle vital de la Jordanie comme puissance régionale promotrice de la paix. Dans un contexte de quête effrénée du pouvoir, de tensions religieuses et territoriales qui perdurent, elle a souligné la nécessité de “reconnaître nos responsabilités communes, en tant que Jordaniens et Européens, d’agir contre la montée de l’extrémisme” sur l’ensemble de la planète.
Peint comme un fervent défenseur de la paix et important représentant de son peuple, la présidente du Parlement européen a félicité le roi Abdallah II dans son combat pacifique et son ambition d’atteindre un cessez-le-feu dans la bande de Gaza : “Nous apprécions le rôle crucial de la Jordanie dans le maintien de la paix dans la région ; sa volonté d’atteindre un cessez-le-feu à Gaza ; son soutien à la région de la “West Bank” ; dans tous ce que vous avez pu réaliser pour les malades ; dans le retour des otages ; dans la facilitation de l’accès urgent à l’aide humanitaire pour ceux désespérément dans le besoin ; et pour votre soutien indéfectible à la population palestinienne et aux réfugiés syriens et à la défense d’une solution à deux Etats.”
En raison des récentes attaques israéliennes dirigées contre l’Iran, Roberta Metsola affirme que “l’Iran ne devrait pas avoir de bombe nucléaire”, comme réitéré lors du sommet du G7. Considérant la Jordanie et l’UE comme des amis proches, “partageant une histoire différente” mais des perspectives similaires : “ils (les Jordaniens et Européens) veulent tous la même chose : ils veulent la paix, ils veulent se sentir en sécurité, ils veulent une chance juste au succès”.
L’appel du roi Abdallah II à une gouvernance plus morale, bâtie sur des valeurs communes
Lors de son discours adressé aux élus européens, les convictions de sa Majesté à promouvoir la paix au Moyen-Orient se sont clairement faites entendre dans l’hémicycle.
Répondant à l’appel de la Présidente, le roi insiste sur l’importance de “nous réengager en faveur de nos valeurs (...) parce que lorsque le monde perd ses repères moraux, nous perdons notre sens commun du bien et du mal - de ce qui est juste et de ce qui est cruel. Et lorsque cela se produit, le conflit n’est jamais loin.”
Établissant un parallèle avec la création de l’Union Européenne pour promouvoir la paix au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le roi a appelé à “se rassembler à nouveau afin d’agir ensemble et de ne pas laisser la division régner” afin de promouvoir nos valeurs communes dans la non-prolifération des conflits idéologiques.
Un accueil très polarisé de la part du Parlement européen
Le roi Abdallah II a réaffirmé ce matin à Strasbourg son soutien indéfectible à la population palestinienne et à la reconnaissance d’un Etat palestinien dans le contexte de la guerre israélo-palestinienne - une déclaration recevant un succès indéniable à la gauche de l’hémicycle, contre un silence de plomb à droite.
Indigné par le manque de reconnaissance vis-à-vis de la souffrance endurée par le peuple palestinien, le roi rappelait à l’hémicycle que vingt ans plus tôt les mêmes violences se déroulaient sous les yeux choqués du monde entier. Aujourd’hui, le roi s’est offusqué du silence régnant autour de ces mêmes violences, ne cessant de se répéter. "Comment se fait-il que ce qui était considéré comme une atrocité il y a à peine 20 mois soit désormais si banal qu’on le remarque à peine ? Quelle version de notre humanité permet à l’impensable de devenir banal ? Ou d’avoir recours à la famine contre des enfants ? Ou de normaliser le ciblage des soignants, des journalistes et des civils qui cherchent refuge dans les camps ?"
Il décrit à Gaza “Une version honteuse de notre humanité (qui) se déploie sous nos yeux en temps réel” et appelle à l’action contre cette dernière. Remettant en cause la moralité de nos sociétés, le roi a rappelé à l’hémicycle l’importance de défendre la “compassion, la justice et l’égalité”. "Nous sommes à un nouveau carrefour de l’histoire (...) Il ne s’agit pas seulement de Gaza. Il ne s’agit pas seulement d’un moment politique. Il s’agit d’une lutte pour déterminer qui nous sommes en tant que communauté mondiale et qui nous deviendrons."
Face au comportement de l’Etat israélien, qu’il qualifie comme un “danger pour tous”. La sécurité globale se traduit d’abord par une reconnaissance commune des Palestiniens. Ceux-ci “comme tout le monde, ont droit à la liberté, à la souveraineté et, oui, ils ont aussi droit à un État (...)"a-t-il ajouté
Quittant l’hémicycle accompagné par la présidente, sa venue a très largement divisé les eurodéputés de gauche et d’extrême droite. Certains ne se sont ni levés ni applaudis lors de la sortie du roi.
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