Typologie du séparatisme en Europe - commentaires Typologie du séparatisme en Europe 2008-04-15T14:04:51Z https://www.thenewfederalist.eu/Typologie-du-separatisme-en-Europe#comment4153 2008-04-15T14:04:51Z <p>Je suis assez d'accord avec Philippe.</p> <p>D'abord parce qu'en terme de typologie, il faut décidément bien se garder des <strong>schémas ''trop beaux pour être vrais''</strong> (notamment de ces fameux schémas ''géographiques'' - comme tombés du ciel - dont on a en fait bien du mal à trouver un véritable sens politique...).</p> <p>Ensuite parce que l'élaboration d'une typologie de ce genre (au delà même du « plaisir » scientifique de la « recherche » et de l' « élaboration »...) ça veut toujours dire quelque chose (politiquement, s'entend...). Et là, on a bien du mal à savoir quoi exactement... Sinon à conclure sur la diversité européenne, comme ici ; ce qui n'engage politiquement - finalement - à rien de très précis.</p> <p>Suis donc plutôt d'accord avec Philippe : Si typologie il doit y avoir, elle est plutôt de nature historique ou politique.</p> <p><img src='https://www.thenewfederalist.eu/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <strong>Une typologie historique</strong> ; i. e : selon les degrès où les peuples concernés sont effectivement arrivés dans leur propre processus d' « ethnogenèse » (i. e : processus de « coagulation » identitaire et d'attachement à un territoire), souvent selon l'antériorité des « modèles » d'Etats-nations passés auxquels ils se référent.</p> <p>Exemples : Lituanie (d'avant 1991), Croatie (d'avant 1992), Flandres et Ecosse (d'aujourd'hui) : de jeunes Etats pour de très vieilles nations ?! (à moins que ce ne soit l'inverse...).</p> <p>Contre-exemples : Bosnie-Herzégovine (d'avant 1992), Kosovo et Lombardo-Padanie, voire Catalogne et « Euzkadi » d'aujourd'hui : des constructions « identitaires » et « néo-étatiques » contemporaines sans référence historique passée franchement évidente...</p> <p>Une typologie dont le mérite serait d'amener chacun à s'interroger très sérieusement sur la validité scientifique de ces fameuses « mythologies » nationales qui, avec plus ou moins de bonheur (et de rigueur scientifique, sinon d'honnêteté intellectuelle...) fondent la nation en affirmant ses éternels « droits » historiques à la liberté, l'indépendance, la souveraineté...</p> <p><img src='https://www.thenewfederalist.eu/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <strong>Une typologie politique</strong> ; i. e : suivant la nature de leur revendication (indépendance et souveraineté totale, indépendance sous tutelle internationale onusienne voire « co-dominium » avec l'ancienne puissance politique dominante, interpendance-association ; autonomie politique, autonomie culturelle et autres « home rule » divers et variés, etc).</p> <p>Ou suivant les stratégies politiques et modes d'expression (parfois, souvent contradictoires, ou simultanément présentes dans les mêmes territoires) qu'ils se sont majoritairement choisi ; i. e : autodétermination pacifique par la voie démocratique et électorale, recours à la protestation non-violente et à la désobéissance civique, recours à l'action directe et au terrorisme, etc.</p> <p>Une typologie politique dont le mérite serait de pousser chacun à s'interroger sur les « vraies » valeurs pour lesquelles il est effectivement valable de donner sa vie (plutôt que de chercher à prendre celle d'autrui...) : la démocratie véritable (pas la seule démocratie nationale qui, elle, exclu d'emblée l'étranger), le respect des droits (même ceux des minorités...), la coexistence pacifique dans des sociétés ouvertes, sinon mixtes voire métissées (plutôt que le repli communautaire - ou national - dans des ensembles homogènes, ethniquement purifiés...), la liberté politique véritable (plutôt que l'indépendance nationale, souvent factice...).</p> <p><img src='https://www.thenewfederalist.eu/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <strong>Deux typologies qui font donc voler en éclat le schéma ''Ouest / Est'', décidément trop simpliciste.</strong></p> <p>Et comme l'a souligné Philippe : s'il n'y a - apparemment, en tout cas - plus grand monde à demander l'indépendance en Europe occidentale, c'est précisément (1) parce que la construction des Etats-nations y a été plus précoce qu'en Europe centrale et orientale (et que « presque tous » y ont déjà trouvé « satisfaction »...). Et (2) parce que la démocratisation des sociétés y a été également plus précoce : séparant ainsi les revendications d'ordre sociales des affirmations national-identitaires.</p> <p>Alors qu'en Europe centrale et orientale, où la situation a longtemps été « gelée » par les constructions impériales (supranationales mais non démocratiques) et par les régimes autoritaires, voire dictatoriaux (dont le Communisme), beaucoup reste encore à faire : dans la démocratisation véritable des sociétés, dans l'adoption des modes ''pacifiques'' de revendications aujourd'hui devenues « normes » en Europe occidentale, dans la résolution pacifique des problèmes inter-communautaires et dans la satisfaction des questions économiques et sociales agitant aujourd'hui ces sociétés.</p> <p>C'est dans cette différence de degrès dans l'avancée vers plus de Démocratie tout court (plutôt que de régime autoritaire), puis vers moins de « démocratie nationale » et vers plus de « démocratie appaisée » qu'on pourrait voire un éventuel différentiel entre « Europe de l'Ouest » et « Europe de l'Est ».</p> <p><strong>Encore que</strong>, rien n'est si évident que cela : entre un militant de l'ETA, du FLNC (ou de l'UCK...) posant une bombe (ou entre un militant ultra-nationaliste écossais, catalan ou serbe de Bosnie) il n'y a sans doute guère de différence (politiquement et intellectuellement parlant, s'entend...).</p> <p>Quant à dire qu'il n'y a pas de minorités (nationales ?) en Europe occidentale (sinon issues de l'émigration récente) et que les revendications qu'y si expriment sont davantage anti-centralistes qu'identitaires (ais-je vraiment bien lu ?!) ; et quant à ces dernières observations disons que - breton, français, européen - fédéraliste plutôt qu'autonomiste ou indépendantiste (mais connaissant tout de même ceux-là, ainsi leurs manières « bien particulières » d'appréhender toutes ces questions...) - je suis pour le moins circonspect, dubitatif et réservé.</p> Typologie du séparatisme en Europe 2008-04-09T14:21:48Z https://www.thenewfederalist.eu/Typologie-du-separatisme-en-Europe#comment4142 2008-04-09T14:21:48Z <p>De mon point de vue, le choix de la typologie est assez discutable : Ouest et Est.</p> <p>Comme le souligne Jacques Rupnik, qui donne à Sciences Po un séminaire sur ce thème : Europe Balkanique et Europe Centrale n'ont pas connu le même destin => explosion minoritaire en Europe Balkanique et rien de tel en Europe Centrale. Il y a donc là une différence majeure, complexe à expliquer.</p> <p>Je pense que la succession de défaites des empires centraux depuis la fin du XIXe n'est pas sans rapport avec ce phénomène : hors les tchèques et les slovaques, tous ceux qui voulaient se séparer ont eu l'occasion de le faire entre la Première et la Seconde Guerre Mondiale.</p> <p>D'autre part, on ne peut pas mettre sur le même plan les minorités ayant un Etat (ex : les Hongrois), celles n'en ayant pas et ayant lutté pour (ex : les musulmans de Bosnie) et ceux n'en ayant pas mais n'en demandant pas (les Roms).</p> <p>Il y a donc, à mon avis, encore matière à distinctions ...</p>