La guerre des mots : Comment peser dans le débat public européen ? - commentaires La guerre des mots : Comment peser dans le débat public européen ? 2016-04-28T11:55:51Z https://www.thenewfederalist.eu/la-guerre-des-mots-comment-peser-dans-le-debat-public-europeen#comment21874 2016-04-28T11:55:51Z <p>En ce qui concerne le terme « déficit démocratique » il est apparu pour la première fois dans le manifeste des Jeunes Européens Fédéralistes - les éditeurs de ce site - en 1977, sous la plume du président européen de l'organisation Richard Corbett, qui devint ensuite député européen. Cf. <a href="http://www.federalunion.org.uk/the-first-use-of-the-term-democratic-deficit/" class="spip_out" rel='nofollow external'>The first use of the term “democratic deficit”</a>.</p> <p>C'est donc plutôt un titre de gloire pour les fédéralistes européens qu'il se soit imposé dans le débat public. De fait nous continuons aujourd'hui de dénoncer ce déficit démocratique dans chacune de nos prises de position car cette dénonciation est au cœur de notre engagement. Le diagnostic est partagé par exemple par Jürgen Habermas qui dénonce comme nous l'Europe intergouvernementale post-démocratique construite par les gouvernements des 28. Seuls les membres de l'establishment qui détiennent le pouvoir national estiment démocratique un système où des exécutifs nationaux se muent en législateurs dès qu'ils siègent ensemble dans la discrétion que l'indifférence des médias les fait bénéficier - indifférence dont ils sont eux même les auteurs.</p> <p>Le problème n'est pas ici le diagnostique mais la réponse à apporter. N'ayons pas peur de donner la nôtre : un gouvernement fédéral européen issu d'un processus démocratique.</p> La guerre des mots : Comment peser dans le débat public européen ? 2016-04-28T11:47:27Z https://www.thenewfederalist.eu/la-guerre-des-mots-comment-peser-dans-le-debat-public-europeen#comment21873 2016-04-28T11:47:27Z <p>Notons que l'auteur de l'article cède elle même au piège des nationalistes en les désignant sous le terme d'eurosceptiques. Le scepticisme « Qui a tendance à mettre en doute les croyances et les vérités couramment admises » est en soi plutôt une bonne chose quand il est pertinent. Il fait partie de la démarche scientifique et fonde le progrès intellectuel. En s'auto-désignant sous ce vocable plutôt modéré les nationalistes, partisans d'une idéologie prônant la division du genre human en tribues, l'inféodation de l'individu à une communauté et à l'État qui l'incarne et appelant à se méfier de l'étranger, avancent masqués. Tout usage du terme pour les désigner contribue à faire apparaître leur discours comme inoffensif.</p> <p>Les fédéralistes européens pourraient tout autant prétendre à ce titre puisqu'ils dénoncent, inlassablement depuis les premiers traités européens, la mise à l'écart des citoyens dans le processus de construction européenne mis en place par les gouvernements.</p> La guerre des mots : Comment peser dans le débat public européen ? 2016-04-28T11:40:53Z https://www.thenewfederalist.eu/la-guerre-des-mots-comment-peser-dans-le-debat-public-europeen#comment21872 2016-04-28T11:40:53Z <p>Merci pour cet excellent article qui recoupe celui de Fabien paru le même jour : <a href='https://www.thenewfederalist.eu/la-guerre-des-mots-et-l-europe' class="spip_in" rel='nofollow'>La guerre des mots et l'Europe</a>.</p> <p>Son propos est essentiel car c'est pas ce biais que les fascistes ont obtenus progressivement en France l'hégémonie culturelle (cf. le § <a href="" rel='nofollow'>« gramscisme de droite » dans cet http://www.slate.fr/story/92165/combat-culturelarticle</a>).</p> <p>Les militants fédéralistes européens doivent impérativement en prendre connaissance et le diffuser dans leurs rangs, et réfléchir à la manière dont ils formulent leur message.</p> La guerre des mots : Comment peser dans le débat public européen ? 2016-04-26T15:54:26Z https://www.thenewfederalist.eu/la-guerre-des-mots-comment-peser-dans-le-debat-public-europeen#comment21869 2016-04-26T15:54:26Z <p>Bonjour,</p> <p>article intéressant sur le fond qu'il aborde (et qui fait écho à ma récente lecture du LTI de Klemperer) et qui soulève un certain nombre de questions tout à fait passionnantes sur le débat autour de l'Union européenne.</p> <p>Là où vous vous trompez à mon sens c'est que votre postulat de départ est erroné : l'idée selon laquelle les cadres hostiles au fédéralisme européen auraient triomphé dans nos sociétés ce qui est une perception portée davantage par votre sensibilité mise à mal que par la réalité de la langue.</p> <p>En effet, si certains exemples sont réels (« Bruxelles ») ils renvoient à une habitude bien ancienne qui n'est rien d'autre que la vieille métonymie, largement utilisée dans la vie courante. D'autant qu'elle ne porte ici aucune connotation péjorative (sauf à être anti-belge.)</p> <p>De même vous vous mélangez un peu les pinceaux sur d'autres exemples : ainsi le « déficit démocratique », non seulement renvoie à des faits (les différentes consultations populaires contournées, l'absence d'élection, légèrement corrigée, de la commission européenne ou encore l'indépendance de la banque centrale) mais est même partagé par des gens favorables au fédéralisme (notamment sur ce site) : la différence ne tient pas sur le constat mais sur les solutions : plus ou moins d'intégration.</p> <p>En revanche vous oubliez un peu vite vos propres cadres, qui en réalité, dominent largement : ainsi de « Europe », qui vise par un amalgame (assez honteux il faut le dire) à assimiler un espace géographique, donc neutre, à choix d'organisation politique en visant ainsi à en faire une réalité objective, évidente et donc non contestable dans son orientation même. Et que dire de « europhobe » ! Je rejette cette union européenne et donc suis affublé d'un nom qui vise non pas à qualifier réellement mon orientation politique (vous croyez vraiment que je veux attaquer l'Allemagne ?) mais à assimiler cette orientation, d'abord à l'évidence (« Europe » cf. au dessus) associé à la peur/rejet, qui amène une confusion terrible : je rappelle que la peur est l'outil de la survie, donc stimulant et nécessaire : ainsi on délégitime tout doute ou crainte sur un projet politique, ne laisse dès lors dans le débat (inexistant) qu'une option, la votre (cf toutes les sorties scandaleuses d'Attali, au choix). Je suis..unionsceptique.</p> <p>En somme, même si le propos est légitime, il est quand même étonnant de voir ceux qui écrase le débat de leur rhétorique se plaindre à ce sujet.</p> <p>Cordialement</p>